Dans mon Kiez

Facade-kreuzberg A berlin - Photo copyright Didier Laget Dans mon Kiez, il y a un immeuble encore bien marqué par l’histoire, impacts de balles et morceaux de balcon en moins. Il y a une fenêtre au dessus de la porte. Et à la fenêtre un monsieur, qui regarde ce qui se passe dans la rue. Il appui ses coudes sur un coussin jaune. En général il fume une cigarette. A sa droite des bouteilles de bière, une qu’il boit et d’autres d’avance. Ca lui évite de quitter la fenêtre pour aller en chercher d’autres, une fois qu’il est installé.


Il est assez corpulent et porte un marcel. Parfois il se pousse à gauche de la fenêtre et fait de la place à sa copine/voisine/femme. Elle fume aussi, boit aussi de la bière. Elle s’appuie sur un coussin zébré et sa mise en plis est aussi volumineuse que très décolorée. Quand on passe, ils font des commentaires qu’il est difficile d’entendre avec le bruit de la rue. Ils passent des journées entières comme ça, comme des coucous suisses coincés à l’extérieur de l’horloge.
En ce moment, la fenêtre est fermée, elle l’a été dès qu’il a fait froid en octobre dernier, mais dès les beaux jours revenus elle s’ouvrira de nouveau, et je me demande si le monsieur aura changé de maillot de corps.

You may also like...

3 Responses

  1. Bièvre dit :

    Retracer au quotidien votre expérience de vie à Berlin est originale et très bien venue. A quelques centaines de kilomètres de Paris, nous sommes dans un monde qui essaie toujours de reprendre ses repères après des années entre parenthèses. Merci pour cette vision réaliste et instructuve sur notre Europe toute proche.
    Cordialement Bièvre

  2. Frédéric dit :

    On voudrait le voir, ce couple ! Dès les beaux jours – allez, d’ici un mois maintenant -, une petite photo ? Merci !

  3. Ben mince alors, j’ai les mêmes inversés dans ma rue parigote.
    C’est elle qui est installée en permanence et lui qui vient parfois lui servir d’arrière plan.
    Pas de canette à sa portée mais vu les trognes, le couple ne carbure pas à l’eau fraîche.
    Tu dis « les Thénardier » à un habitant du quartier, il sait immédiatement de qui tu parles.
    Enfin, maintenant que des Lequesnoy se sont installés à côté de chez eux dans une ravissante petite maison qu’ils massacrent peu à peu à coups d’embellissements, on les appelle « les Groseille ».
    Ca leur va plutôt mieux !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *