Berlin Art Fair, du cliquant, du brillant et poliment dit, inintéressant

Art Berlin 2019Quand je suis rentrée dans le hangar 5 de l’aéroport de Tempelhof, encore sous l’effet de Positions Berlin Art Fair, je crus m’être trompé d’endroit. Je n’étais pas dans un lieu qui célébrait l’art, mais dans le hall pompeux d’une banque du Luxembourg impliquée dans les Panamas Papers et dont l’activité principale est le blanchiment d’argent via la vente de gros objets clinquants à des mafieux russes, des triades chinoises ou les Balkany.

J’ai vu des galeristes/banquiers parfaitement bronzés vendant à de riches acheteurs parfaitement bronzés des machins dont le but principal est d’en jeter, d’être gros, clinquant et brillant mais surtout des machins dont la valeur va vite augmenter.

Les principaux sujets de discussion étaient de savoir si EVA & ADELE étaient déjà passées, puis combien d’Euros il y a dans un million de Yuan (126608,03) et enfin la source des divers bronzages parfaits (Koweit, Baie de Yalong ou île de Blackadore Caye).

Pas d’idées nouvelles, rien, mais des valeurs sûres comme de vieux Wahrol, Thomas Demand (pas au mieux de sa forme), David Hockney (un peu fatigué) ou Otto Dix. Quant au côté provoquant de l’art; représentant Brigitte Bardot portant un T-shirt avec “fuck you” écrit dessus. Le côté politiquement engagé de l’art; une toile avec un portrait de Di Caprio et une phrase expliquant que Di Caprio dit lutter contre le réchauffement climatique mais voyage en Jet privé. “Trop Geil ta toile, mais Leonardo ne t’invitera plus aux Blackadore Caye.”

En résumé, l’œuvre qui m’a le plus touché? C’est le panneau que j’ai pris en photo et qui illustre ce billet.

Entre autre, j’ai entendu ça: « Langweilige bunte Scheiße », que je ne traduirai pas après le « Fuck you » de Brigitte Bardot, mais qui montre que je n’étais pas le seul visiteur (très) déçu.

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