Le Lietzensee, le lac des amoureux

Le Lietzensee - Berlin Charlottenbourg
T’es là sur ton vélo, il fait beau, Charlottenbourg n’est pas un quartier que tu connais particulièrement et soudainement tu tombes sur ça, en pleine ville, à quelques mètres de l’ICC ou l’IFA bat son plein. C’est calme, il y a même des gens qui lisent des livres en papier. Les petits filles ne sont pas habillées en rose des pieds à la tête, les enfants ne chassent pas les Pokémons, ils jouent ensemble, pour de vrai, les couples marchent main dans la main, au ralenti, les arbres masquent le brouhaha d l’Avus. On dirait un vieux film ou du Photoshop. Ça, c’est le Lietzensee, un petit lac bien sympathique.

Et le Lietzensee m’évoque les amoureux des bancs publics.

Les gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu’on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents.
Mais c’est une absurdité,
Car, à la vérité,
Ils sont là, c’est notoire
Pour accueillir quelque temps les amours débutants.

Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aime' » pathétiques,
Ont des p’tits gueules bien sympathiques!

Ils se tiennent par la main,
Parlent du lendemain,
Du papier bleu d’azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher…
Ils se voient déjà, doucement,
Elle cousant, lui fumant,
Dans un bien-être sûr,
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé…

Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aime' » pathétiques,
Ont des p’tits gueules bien sympathiques!

Quand la saint’ famille Machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris,
Elle décoche hardiment des propos venimeux…
N’empêche que toute la famille
(Le père, la mère, la fille, le fils, le Saint-Esprit…)
Voudrait bien, de temps en temps,
Pouvoir s’conduire comme eux.

Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aime' » pathétiques,
Ont des p’tits gueules bien sympathiques!

Quand les mois auront passé,
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants,
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds,
Ils s’apercevront, émus,
Qu’c’est au hasard des rues,
Sur un d’ces fameux bancs,
Qu’ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour…

Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aime' » pathétiques,
Ont des p’tits gueules bien sympathiques!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Kiba en kit - photo Didier Laget

Le Kiba qu’est-ce?

La première fois que je suis venu en Allemagne, c’était avec des Anglais qui avaient beaucoup d’a priori sur les Allemands ( ils vivent de bières, de choux et de saucisses ). Dans un Biergarten bien rempli, nous avions trouvé

Berlin me manque

Heimweh

Heimweh – Berlin me manque, mon amoureuse me manque. On a été confiné un mois en Catalogne où nous étions partis travailler. Au début c’était gérable, puis devant l’ambiance insupportable créée par les Mossos (police catalane) et par Quim Torra,

1er-mai-a-Kreuzberg A berlin - Photo copyright Didier Laget

Le Premier mai à Berlin

Pour le premier mai, Berlin est à la fois une ville éxaspérante et géniale, c’est le dosage qui varie et qui fait que depuis cinq/six ans, je quitte Berlin pour aller au bord d’un lac, le temps que tous les