Hopper m’a dit

hopper- A berlin - Photo copyright Didier Laget
Au feu rouge, Edward Hopper s’approcha de moi et me dit :
“ Tu vois si j’étais pas mort, je ferais un tableau représentant cet imbiss, j’y ajouterais un homme de profil et portant un chapeau, il mangerait des pancakes avec du sirop d’érable ”
Il s’arrêta un instant, imaginant la scène.
Je descendais de mon vélo et m’appuyais à côté de lui, contre le parapet.


“ Est-ce que les gens mangent des pancakes avec du sirop d’érable ici ? ”
“ Je pense qu’ici, ils mangeraient plutôt des saucisses avec des frites. ”
“ Bon, dans ce cas on ne verrait pas ce que mangerait l’homme. ”
Il desserra sa cravate et ouvrit le col de sa chemise, il éclata de rire.
“ Ça ne rime à rien, de toute façon, je suis mort. ”
Puis il se tourna vers moi.
“ Dis-moi, tu ne trouves pas que la lumière est un peu violente ? ”
“ Et moi, je suis mort aussi ? ”
“ Non, toi tu n’es pas mort. Alors, dis-moi, tu ne trouves pas que la lumière est trop forte ? ”
C’est vrai, je n’étais pas mort, je sentais la pierre chaude contre mon dos.
“ Oui, c’est un peu contrasté. Si je ne suis pas mort, pourquoi je vous vois ? ”
 » J’ajouterai un personnage, un serveur, habillé en blanc. Il regarderait de notre côté en nettoyant son plan de travail. Qu’est-ce que tu en penses ? ”
Le vent se leva d’un coup, faisant trembler les feuilles des arbres et emportant le chapeau d’Edward Hopper, qui partit à sa poursuite.
J’ai fait cette photo.

4 réponses

  1. très bien vu, très jolie histoire. Je suis sûr qu’avec un minimum d’effort sur photoshop, y a moyen de faire ressembler encore davantage la photo à un tableau du maître…

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