Berlin Alexanderplatz

berlin Alexanderplatz - Photo copyright Didier Laget

Il se trouva devant la porte de la prison de Tegel. Il était libre. Hier encore, en uniforme de détenu, il avait, avec les autres, buté des pommes de terre aux champs ; maintenant il portait un pardessus d’été beige. Eux, là-bas, butaient ; lui, il était libre. Laissant passer un tramway après l’autre, il resta adossé contre le mur rouge.

Plusieurs fois, le gardien qui faisait les cent pas devant l’entrée de la prison lui avait indiqué le tramway à prendre ; il ne bougeait pas. Le moment terrible était arrivé  » terrible, mon petit Franz, pourquoi terrible? « ; finies, les quatre années.

Les noirs battants de la porte en fer qu’il avait, depuis un an, contemplé avec une aversion toujours croissante  » aversion, pourquoi aversion ?  » s’étaient fermés derrière lui. On l’avait expulsé.

Les autres étaient restés à l’intérieur, occupés à menuiser, laquer, trier, coller, qui pour deux ans encore, qui pour cinq, alors que lui se tenait debout, devant le point d’arrêt du tramway.
Le châtiment va commencer.

Vous connaissez ? C’est le début de Berlin Alexanderplatz, le roman d’Alfred Döblin. Moi je n’ai pas réussi à le lire. En allemand, je n’en parle même pas car je suis très loin d’avoir le niveau. On m’a tellement dit que c’était « géant », que je n’y arrive pas. C’est comme À la recherche du temps perdu, je l’ai commencé dix fois, dix fois je l’ai abandonné. Je suis dégoûté, je rate quelque chose. Pourtant, j’ai lu Ulysses il y a des années et en Anglais. Sauf que là on ne m’avait rien dit, je ne savais pas que c’était une autre montagne de la littérature. Je l’ai lu sans arrière pensé et je me suis régalé. Et après j’étais triste de l’avoir fini, car je n’aurai plus jamais le plaisir de le découvrir de nouveau.

J’adore l’ambiance, les descriptions de la ville , mais je me demande si le problème que j’ai avec Berlin Alexanderplatz ne vient pas de la traduction des dialogues. Le héros, Franz Biberkopf, s’exprime en Berliner Schnauzer et je ne suis pas convaincu par le rendu de cet argot berlinois en français.

Qu’en pensez-vous, l’avez-vous lu ?

Si j’ai 939 minutes devant moi, j’irai voir la version de Fassbinder, présenté dimanche prochain dans le cadre de la Berlinale, au Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz à 10 h.
Heu, 939 minutes… Ça fait presque 16 heures !

Mise à jour. Je sais pourquoi je n’aimais pas ce roman, je vous explique, c’est ilmportant, dans ce billet :Berlin Alexanderplatz de Döblin, un pur chef-d’oeuvre

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