La Lanterne d’Aristote

La-Lanterne-d-AristoteA berlin - Photo copyright Didier Laget
La Lanterne d’Aristote est le dernier roman de Thierry Laget, et bien qu’il n’ait qu’un lointain rapport avec le contenu de ce blog, je vais quand même vous en parler ici. Et après l’avoir lu à votre tour, le roman pas mon billet, vous me remercierez.


Ce roman raconte l’histoire d’un type qui doit réorganiser, cataloguer et estimer la bibliothèque d’un château… Sauf que c’est pas vrai, il nous raconte autre chose.
Dans une langue élégante Thierry Laget nous guide dans les dédales de cette bibliothèque et dans les relations labyrinthiques qui se tissent entre ses personnages, mais le fil d’Ariane qu’il nous tend est si ténu, si cassant, qu’on se demande si le narrateur nous dit tout, voire même s’il ne nous ment pas. On croit trouver une histoire d’amour alors qu’on est au coeur d’un polar ou d’un conte fantastique puis d’une histoire d’amour encore. C’est que La Lanterne d’Aristote est écrit comme on compose une fugue, les thèmes se recouvrent, se superposent, se coupent, s’éloignent pour s’unir enfin en une superbe apothéose. J’avais dit ailleurs que Thierry Laget était un peintre de la littérature, il en est aussi le musicien, un compositeur qui fait sonner les mots, les fait se cogner, se mélanger, de telle sorte que séduit par la langue on est transporté dans son histoire. Il y a de l’italien dans la manière qu’il a d’éclairer ses phrases.
Quand je l’ai terminé, quand je me suis rendu compte à regret, que, non, il n’y avait pas de pages supplémentaires à lire, pas de pages bonus comme les titres secrets qu’on ajoute à la fin des CD après un long silence, quand j’ai refermé ce livre, j’ai réalisé qu’il n’était pas fini, que malgré la phrase qui le conclut, il continue d’exister dans mon esprit, une sorte de forme ovoïde en dentelles de coquilles superposées qui flotte et dans laquelle le récit se poursuit ou recommence, un monde où les personnages empruntent des escaliers, qui comme dans le premier Harry Potter ne vous amènent pas toujours au même endroit, un des ces univers paradoxaux d’Escher. Je vais donc le relire.
Cette année, sur tous les romans que j’ai lus, il y en avait deux que j’ai lus avec beaucoup de plaisir et qui m’ont particulièrement touché, Les Buddenbrooks de Thomas Mann et la magnifique nouvelle traduction par Olivier Le Lay, de Berlin Alexanderplatz d’Alfred Döblin. En voici un nouveau, La Lanterne d’Aristote.
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8 réponses

  1. quel talent de critique tu as . Ceci dit, je suis de ton avis à propos de ce roman . C’est un texte merveilleux , une histoire qui ménage un vrai suspens( pour ne pas parler comme un critique littéraire ) c’est vrai qu’on a envie de le relire vite car on est sûr d’avoir laissé passer des pépites .

  2. Bon, ben je sais quel bouquin se trouve désormais en 1ère place de ma wish list ! Bravo pour ce post, il est réussi et donne envie de découvrir, que dis-je, de dévorer ce roman !

  3. Bel « auto » promo. Mais c’est de bonne guère, ou de bonne paix, c’est selon. Pour autant, le roman est excellent, c’est vrai. Embrassez l’auteur pour moi.

  4. Bizarre il porte le même nom que toi : êtes vous de la même famille? Avec une telle pub il va vendre des des des millions de bouquins.
    Peut être que tu pourras faire dédicacer le mien acheté à la Fnac de Clermont?

  5. ça y est je l’ai lu ! C’est bien, c’est même très bien! Et c’est plein d’humour fin mais pas prétentieux. Je m’arrête là pour la critique mais j’en pense plein de bonnes choses !

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