
Sur l’une des façades du Landtag de Brandebourg à Postdam, je tombe sur des chérubins. Dorés. Accrochés aux balustrades d’un escalier. Lui aussi doré.
Des anges très doré.
Peter Kulka. L’extérieur reprend, en version réinterprétée, l’esprit de l’architecture prussienne, avec une touche de rococo frédéricien.Si tu ne vois pas bien ce que signifie « rococo frédéricien », pense au palais de Sanssouci. Ou regarde simplement cet escalier clinquant, où nos chérubins se cramponnent aux rambardes.
Ces chérubins, justement. Ils font partie de la classe des « non ailés », ordre « bambin bouffi ». Leurs bras tendus semblent tenir quelque chose. J’ai imaginé : un violon ? Un violoncelle ? Un arc ? Un marteau-piqueur ?
Finalement, je n’ai rien décidé. Et toi, tu vois quoi ?

Il y a longtemps, j’ai travaillé pour un architecte naval. Il dessinait parfois des yachts pour des princes saoudiens. C’était très bien payé. Mais terriblement frustrant : ce qui les intéressait, ce n’étaient pas les capacités marines du vaisseau ni la beauté de ses lignes, c’était l’or. Le marbre. Ne pouvait-on pas en mettre plus ? Toujours plus d’or. À force, les bateaux perdaient toute élégance, engloutis sous la surcharge décorative.
Et c’est un peu ce que je ressens ici : ces chérubins dorés sur un escalier doré, c’est trop. Un gros déséquilibre.
Mais le plus absurde ? L’escalier ne mène nulle part. Il ne sert à rien. C’est une façade, littéralement. Une décoration dans ce qu’elle a de plus gratuit. Attention, j’aime bien les anges, mêmes dorés, mais c’est une questions de contexte.
D’un côté, la rigueur prussienne : symétrique, monumentale. De l’autre, cette envolée dorée… vers nulle part. Est-ce de l’humour ?
Ich verstehe nur Bahnhof.

Puttentreppe. Mise à jour du 28 mai 2025
J’ai fait une petite recherche et j’ai appris qu’en allemand, ces chérubins s’appellent des Putti :
Eine Putto – ou Putte (donc, pas la dinde, qui n’a qu’un T)
Zwei Putti
Contexte historique .Le Stadtschloss de Potsdam, palais baroque des rois de Prusse, a été bombardé en 1945, puis démoli en 1959 sur ordre de Walter « Niemand habe die Absicht, eine Mauer zu errichten » Ulbricht. Reconstruit entre 2011 et 2013, il accueille aujourd’hui le Landtag du Brandebourg avec une façade historique et un intérieur moderne (architecte : Peter Kulka).
La Puttentreppe (ou « Fahnentreppe ») Créée en 1752 d’après un croquis de Frédéric II et réalisée par Johann Melchior Kambly, cette majestueuse rampe ornée de putti musiciens en zinc doré décorait la façade côté Lustgarten. Elle menait à la chambre des drapeaux, où étaient conservés les étendards des régiments.
Recherche et restauration. La Cornelsen Kulturstiftung a financé près d’un demi-million d’euros pour restaurer et reconstituer l’escalier jusqu’en 2020. La moitié des éléments originaux est conservée dans les dépôts de la Stiftung Preußische Schlösser und Gärten. Un appel public a été lancé pour retrouver d’autres fragments. Photos, archives et pièces retrouvées permettent une reconstitution fidèle.
En revanche, j’aurais bien aimé visiter l’intérieur, qui semble être un espace hyper contemporain et très lumineux.
Je te tiens au courant.




Une réponse
Sur la deuxième photo j’imagine une surimpression de prises de vue successives où l’unique Putti se serait déplacer de vue en vue, genre Timelaps 😉