RAW Berlin, salon des vins naturels

raw-berlin Photo Didier LagetDimanche dernier, 10:30, direction Markthalle Neun où je suis allé avec l’intention de goûter des vins naturels, puisque 125 vignerons avaient eu l’excellente idée de se réunir pour présenter leur production aux Berlinois. Ils étaient réunis là dans le cadre de RAW, the Artisan Wine Fair. Raw, dans le sens de brut, dans son état naturel, non raffiné ou modifié par un quelconque processus industriel.

D’abord, c’est l’affluence un dimanche matin aussi tôt qui m’a surpris, ensuite c’était vraiment multikulti, aussi bien côté visiteurs que côté exposants et enfin je suis allé de découvertes en plaisirs en surprises et souvent les trois à la fois. Ajouté à tout ça, l’ambiance chaleureuse et les producteurs disponibles malgré l’affluence, vous avez compris que je suis reparti heureux (et anticipant les commentaires j’ajoute heureux et sobre puisque nous recrachions les vins goûtés). J’ai juste été un peu surpris par certains vignerons qui passaient plus de temps à me dire qu’ils ne mettaient pas de sulfite, pas d’intrant, pas de ci, pas de ça, que de me de me parler du sol ou du climat de leur parcelle et par un autre, qui, alors que je voulais parler de la garde de ces vins, se tourna vers quelqu’un d’autre comme si j’avais dit une énormité. Ce sont peut-être des vins à boire de suite, je ne sais pas. Soyez curieux.

Mes coups de coeur


Raw-Berlin-Terroir-Al-Limit Photo Didier Laget

Terroir Al Limit

Priorat DOQ. Ce vin est un de mes vins catalans favoris, entre autres parce que le bois s’y fait très discret. J’ai goûté trois rouges différents, ils sont frais en bouche, fin, pulpeux. Avec des prix qui oscillent entre 30 et 70€ la bouteille, résultat d’une petite production, c’est un vin qui se mérite, mais quel plaisir !
Torroja 2013, Carignan et Grenache, belle couleur rouge, mûres.
Arbossar 2012, Carignan. Un vin ample et fin, des mûres, la pulpe du fruit.
Dits Del Terra 2012, Carignan. Cerise noire, fruit de bois, sombre et à la fois lumineux. Superbe.

Raw-berlin-le-Picatier photo Didier Laget

Le Picatier


Vins de la Côte Roannaise. Le vignoble de 8 hectares est cultivé en biodynamique. Les vins que j’ai goûtés étaient issus de vieilles vignes (entre 25 et 45 ans), vendangés à la main dans des caisses, sans sulfite, non filtré et je les ai tous aimés. Si.
Cuvée 100 % (Gamay) – 2014. Léger et fruité, il enchante dès la première gorgée, ça ne veut pas dire qu’il est ennuyeux, au contraire, on en reprend un autre verre avec plaisir.
Gamenits (Gamay) 2014. Mon favori, un côté poivré et minéral, un gamay de grande personnalité
Auvernat Noir (Pinot Noir) 2014. Il est plus épais, minéral aussi, en le buvant je pensais aux vendanges, le soleil qui pointe derrière les brumes matinales sur des collines.
Le Blanc (Chardonnay) 2014. Un vin blanc surprenant, si on ne m’avait pas dit que c’était un Chardonnay, je ne l’aurais deviné. Brioche, pomme et un côté minéral.

raw-berlin-El-celler-de-les-aus Photo Didier Laget

El celler de les Aus

Alella. Ce domaine est à quelques kilomètre au nord de Barcelone et des vignes on voit la mer Méditérannée.
AA Tallarol 2015, cépage Xarel-lo (qu’on retrouve aussi dans le Cava). Ce vin a la particularité d’être fermenté dans des amphores faites d’un mélange d’argile et du sol granitique et sablonneux dans lequel la vigne pousse. Un vin blanc ample avec de la pèche blanche, des agrumes et peut-être une pointe de fruit sec. Un délice.

raw-berlin-Herve-Villemade Photo Didier Laget

Hervé Villemade


Cheverny. Cette dégustation m’a permis de découvrir un cépage pour le vin blanc, le Romorantin, on ne le trouve que dans le Loir-et-Cher.
Châtaigners 2014 (AOC Cour-Cheverny) Un cépage que je découvre, le Romorantin, on ne le trouve que dans le Loir-et-Cher. Un vin blanc élégant, Une ballade le long d’une rivière avec le soleil qui se reflète dans la rosée sur les herbes.

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2 Responses

  1. Thomas says:

    La garde des vins est quasiment inconnu en Allemagne. Ils achètent quand ils savent qu’ils vont faire un repas ou sont invités. Quand j’explique à mes collègues les bouteilles que j’ai pour l’apératif ou en cave, je passe limite pour un soifoir. Et pourtant j’en ai à tout casser une trentaine. J’ai eu l’occasion d’en parler avec le propriétaire de Weinplatz à Mitte, lors d’une dégustation. Il est irlandais, a grandi en Angleterre et vécu plus de dix ans en France. Ce dernier m’a dit qu’en réalité en dehors des Bordeaux et des Bourgognes la majorité des vins est conçu pour être bue dans l’année ou dans les deux à venir.

  2. Didier says:

    Le coup de passer pour un soiffard, je connais aussi, surtout l’été quand je préfère un verre de vin blanc à une bière, pourtant après une fête, j’ai compté le nombre de bouteilles vides et divisé par le nombre des invités, ils avaient bu une belle quantité d’alcool, avec les bouteilles consignées, j’aurai pu m’acheter une BMW… J’exagère un peu 🙂
    Je connais des tas de vins qui gagnent beaucoup à être conservés, Riojas, Barolo, Spätburgunder et même des Vins de Loire, j’ai travaillé pour différents viticulteurs et ils travaillent toujours pour que leurs vins se gardent. Je n’ai pas de cave, donc je ne peux effectivement pas les garder, et si je veux un vin un peu plus complexe, un vin qui a eu le temps de grandir je vais chez un caviste et s’il n’a que des vins récents j’irais ailleurs.

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