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Un été à Kreuzberg

Cet été, c’est comme ça tous les jours. Il pleut dans mon hinterhof, et pas des gouttes, non, des seaux. Pleins. Pire, ce sont des trombes, des fleuves, des océans, des Mac Mahon. A Paris on pourrait se dire que Fluctuat Nec Mergiture, mais ici, avec les nappes phréatiques sous seulement deux mètres de sable, on imagine que Berlin parte à la dérive. Vers les mers du sud. Finalement ce serait bien, Berlin au soleil.

Juillet mouillé

Pour ceux qui ne le sauraient pas, ça fait 7 ou 8 heures qu’il pleut non stop sur Kreuzberg. J’ajoute qu’aujourd’hui, i’il a fait entre 9° et 12°.
Je crois qu’on peut dire que pour un mois de juillet, c’est particulièrement pourri. Et je le dis.

Kreuzberg en avril

Cette fois-ci, pas de mérou dans mon Hinterhof, ce n’est pas la saison. On est en avril, la saison des merles, des oiseaux qui font “pik pik pik pik” et des pigeons qui font “rourourou” en se roulant dans l’air.

La corneille et la neige

Dans mon Hinterhof, les voix sont étouffées par une épaisse couche de neige, des enfants font de la luge et des batailles de boules de neige. Une corneille solitaire m’observe, posée sur une branche, face à mon bureau. Elle s’est gavée de graisse pour résister au froid et sous-estime son poids. La branche sur laquelle elle s’est posée plie. Elle plie tellement que la corneille s’envole, accompagnée d’un croa croa dépité, ou amusé, ou coléreux. Un croa croa assez fort pour que la bataille s’arrête, deux étages plus bas. Les enfants lèvent la tête et suivent son vol. Sauf un, le plus grand, qui profite de l’inattention des autres pour leur mettre de la neige dans le cou.

Narcose

Berlin : Pendant qu’on s’équipe, il y en a toujours pour parler de ce qu’ils ont vu avant. Une coryphène grosse comme ça, un nuage de corbs gigantesques. C’était toujours incroyable, et surtout ailleurs. J’écoute à peine. Ce qui m’intéresse c’est dessous, ici et maintenant.

Dans mon Hinterhof

Dans mon Hinterhof, des milliers de chatons duveteux recouvrent le sol. Il y a trois arbres, un, qui a déjà de petites feuilles, un qui laisse tomber les chatons et un autre encore nu. Je n’y connais rien en arbre. Dans les arbres des oiseaux chantent. Leur chant se mélange au son d’une radio qui passe doucement par une fenêtre entrouverte. De temps en temps, des gens traversent la cour passent en roue libre, ils viennent du troisième Hinterhof où se trouve le garage à vélo. Un gamin joue au foot cinq minutes et s’arrête en laissant son ballon. Une maman met son casque à un enfant assis sur son porte-bagage, il fredonne. Un type de DHL cherche une sonnette, il voit le ballon et tape dedans. Tout ça donne envie de faire une sieste. J’adore mon Hinterhof.