Category: Dans ma cour

La corneille et la neige

Dans mon Hinterhof, les voix sont étouffées par une épaisse couche de neige, des enfants font de la luge et des batailles de boules de neige. Une corneille solitaire m’observe, posée sur une branche, face à mon bureau. Elle s’est gavée de graisse pour résister au froid et sous-estime son poids. La branche sur laquelle elle s’est posée plie. Elle plie tellement que la corneille s’envole, accompagnée d’un croa croa dépité, ou amusé, ou coléreux. Un croa croa assez fort pour que la bataille s’arrête, deux étages plus bas. Les enfants lèvent la tête et suivent son vol. Sauf un, le plus grand, qui profite de l’inattention des autres pour leur mettre de la neige dans le cou.

Narcose

Berlin : Pendant qu’on s’équipe, il y en a toujours pour parler de ce qu’ils ont vu avant. Une coryphène grosse comme ça, un nuage de corbs gigantesques. C’était toujours incroyable, et surtout ailleurs. J’écoute à peine. Ce qui m’intéresse c’est dessous, ici et maintenant.

Giboulée de novembre

Dans mon Interhof, il ne restait plus que quelques feuilles, puis le vent s’est levé, puis il a grêlé (sur France 3, ils diraient, des grêlons gros comme des oeufs de pigeons), puis il a neigé. À toutes fins utiles, je rappelle au type qui fait la météo, qu’on est quand même en novembre, et que ce n’est pas vraiment une période à giboulée, ni un temps de neige. Il va quand même pas nous faire un nouvel hiver 2005 !

Dans mon Hinterhof

Dans mon Hinterhof, des milliers de chatons duveteux recouvrent le sol. Il y a trois arbres, un, qui a déjà de petites feuilles, un qui laisse tomber les chatons et un autre encore nu. Je n’y connais rien en arbre. Dans les arbres des oiseaux chantent. Leur chant se mélange au son d’une radio qui passe doucement par une fenêtre entrouverte. De temps en temps, des gens traversent la cour passent en roue libre, ils viennent du troisième Hinterhof où se trouve le garage à vélo. Un gamin joue au foot cinq minutes et s’arrête en laissant son ballon. Une maman met son casque à un enfant assis sur son porte-bagage, il fredonne. Un type de DHL cherche une sonnette, il voit le ballon et tape dedans. Tout ça donne envie de faire une sieste. J’adore mon Hinterhof.